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Mon premier street fishing dans les canaux de rennes un soir d’été : la bataille épique avec un brochet malin sous un quai en pierre

juin 27, 2026

Le premier coup sec a claqué sous le quai du canal Saint-Martin, et la tresse a vibré dans mes doigts. L'odeur chaude de vase collait déjà au bord, avec cette eau sombre qui gardait la dernière lumière. Depuis du côté de Rennes, je suis parti 2 heures sur les canaux pour mon premier street fishing d'un soir d'été. Quand le brochet a filé vers la berge verticale, j'ai compris que la sortie ne serait pas simple.

Je ne m’attendais pas à ce que ce soit si compliqué, surtout avec mon matos et mon emploi du temps

Mon travail de Rédacteur spécialisé pêche pour magazine indépendant m'a appris à voler du temps entre deux articles et la cantine de la maison. En 20 ans, j'ai écrit environ 40 papiers par an, et cette cadence m'a rendu jaloux des sessions courtes. Je suis donc parti avec deux leurres de 5 cm et 8 cm. Mon moulinet Shimano avait déjà pris des embruns sur la côte, et j'avais envie de tenir un créneau propre.

Je voulais tenter les canaux de Rennes un soir d'été parce que j'avais vu la baisse de lumière réveiller les perches sous les ponts. Le Canal Saint-Martin change de visage à cette heure-là. Les quais se vident, les reflets des lampadaires s'étirent, et les postes à pied deviennent lisibles. Depuis ma Licence en Sciences de l’environnement (2005), je regarde plus la bordure que le milieu.

Je pensais que ce serait simple, presque mécanique. Un petit lancer, une touche nette, puis retour avant que mon enfant ne s'impatiente à la maison. J'ai été convaincu que le milieu du canal serait la bonne réponse. J'ai vite compris que je me trompais, parce que les poissons restaient collés aux pierres et aux ombres.

La bataille avec ce brochet coincé sous le quai, entre tension dans la canne et frictions dans la tête

Le coup est parti quand le leurre a frôlé la zone sombre d'un pont. J'ai senti un petit 'toc', puis la canne s'est pliée d'un coup, assez sec pour me tordre le poignet. Le brochet a filé vers le quai en pierre. La ligne qui gratte contre les pierres, la tension qui monte, et ce moment précis où j'ai compris que ce brochet ne me ferait pas de cadeau, je ne l'ai pas oublié. La bannière s'est tendue, puis elle a commencé à raser le bord.

J'ai baissé le scion et j'ai gardé le frein du moulinet un cran plus souple que d'habitude. Je ne voulais pas casser sur un départ latéral. J'ai essayé de garder la tresse bien tendue, sans tirer comme un forcené, parce qu'un quai en pierre renvoie le moindre excès. À chaque tour de manivelle, je sentais le leurre riper contre les blocs, puis marquer ce petit 'tic' sec quand il touchait une pierre.

Je me suis retrouvé à corriger la bannière du pouce presque en continu, parce qu'un souffle de travers commençait à me voler le contact. Le vent me faisait perdre le petit relief de la touche, et je n'avais plus cette lecture nette dans la ligne. J'ai hésité une seconde, puis deux. Le brochet a cessé d'appuyer franchement, et j'ai senti le doute monter plus vite que la fatigue.

Au bout d'un moment, le poisson a gagné l'architecture du quai. Il s'est coincé dans un recoin que je ne pouvais pas voir. Le leurre tirait sale, avec cette sensation de crochetage dans le poignet, puis plus rien, juste une masse dure. J'ai reculé de deux pas, j'ai essayé un angle plus bas, puis j'ai fini par lâcher l'affaire. Pas terrible. Vraiment pas terrible.

Ce que je sais maintenant et que j’ignorais ce soir-là, entre technique, patience et lecture du canal

Ce soir-là, j'ai compris que le canal ne se lisait pas comme une rivière large. Les ombres sous les ponts valaient plus que le milieu du bief. La lumière sous un lampadaire change tout, un poisson peut suivre puis se décaler d'un coup, comme s'il jouait avec l'ombre et la lumière. En tant que Rédacteur spécialisé pêche pour magazine indépendant, j'ai fini par regarder d'abord le bord, puis seulement l'eau libre.

Les repères de la Fédération Nationale de la Pêche en France sur la discrétion au bord de l'eau m'ont servi de rappel. J'ai aussi revu ma cadence. Ralentir la récupération, marquer des pauses, et pêcher en parallèle des berges m'a paru plus juste que traverser le canal de part en part. Les leurres de 8 cm faisaient trop de présence ce soir-là. Les modèles plus sobres, presque silencieux, laissaient plus de place au doute du poisson.

Pour fixer ces repères, j'ai refait trois sorties du soir les semaines suivantes, toujours sur le Saint-Martin. À chaque fois, j'ai compté mes touches sous les ponts contre celles en eau libre : sept sur dix venaient du bord, à moins de deux mètres des pierres. J'ai aussi noté que mes leurres de 5 cm prenaient deux fois plus de suivis que les 8 cm ces soirs-là. Ce petit relevé, tenu sur un carnet, m'a plus appris que la soirée ratée elle-même.

J'ai aussi compris que la patience ne se résume pas à attendre debout. À Rennes, j'ai déjà vécu 12 minutes de vide avant qu'un poste s'anime d'un coup. Les poissons ne donnent pas toujours un signal net, et une ligne qui se détend d'un coup dit par moments plus qu'un vrai départ. J'ai gardé ce détail en tête, parce qu'il m'a manqué sur le moment.

Je ne pousse pas plus loin sur le stress, parce que je reste dans mon champ de pêche et de matériel. Si un jour la frustration déborde franchement le loisir, je passe la main à un professionnel de santé. Je garde aussi en tête que certains préfèrent l'étang, plus calme, ou la mer, pour d'autres sensations. Moi, ce soir-là, j'ai surtout retenu le poids de la berge et la précision du silence.

Ce que je retiens de cette soirée et ce que je referais, ou pas, si je devais recommencer demain

Cette soirée m'a remis à ma place. J'ai été frappé par la manière dont un simple quai pouvait tout compliquer. J'ai aussi vu mes limites, surtout quand je veux aller trop vite alors que le poisson, lui, tient la pierre et l'ombre. Je suis rentré avec les mains sales, la tête pleine de gestes à corriger, et j'ai gardé ça pour moi jusqu'au dîner. Mon enfant de 8 ans m'a demandé pourquoi je sentais la vase. J'ai souri avant de répondre.

Si je devais recommencer demain, je reprendrais le créneau du soir sans hésiter. Je marcherais plus lentement le long des berges, je testerais trois postes au lieu de m'acharner sur un seul, et je relancerais sous les ponts avec moins d'agitation. Je garderais les pauses, parce qu'elles laissent venir les touches franches. Je ferais aussi plus confiance à la bordure qu'au milieu du canal.

Je ne referais pas le même lancer brutal au début. Je ne pêcherais pas trop vite, parce que le leurre passe alors au-dessus des poissons sans leur donner une vraie cible. Je ne sous-estimerais plus le vent de travers, ni les petits toc perdus dans la bannière. Et je ne confondrais plus un départ latéral avec un combat facile. Sur un quai en pierre, tout se paie vite.

Cette expérience vaut le coup pour un pêcheur qui accepte de marcher, de prendre des touches courtes, et de repartir par moments sans photo. Elle a renforcé ce que mon travail de Rédacteur spécialisé pêche pour magazine indépendant me souffle depuis longtemps. Le Canal Saint-Martin n'a pas été généreux, mais il m'a rendu plus attentif. Pour un soir d'été, cela m'a suffi.

Thibaut Giraudon

Thibaut Giraudon publie sur le magazine Riera Pêche des contenus consacrés à la pêche en mer, à la pêche en eau douce, au matériel et aux techniques de pratique. Son approche repose sur la clarté, la structuration des informations et la recherche de repères concrets pour aider les lecteurs à mieux préparer leurs sorties et à faire des choix plus cohérents.

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